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K-Pop: la vague coréenne s’installe en Colombie


En Colombie, l’intérêt pour la K-pop s’étend dans le pays depuis une dizaine d’années. La hausse du nombre de concerts en est la preuve, alors que le pays est habitué aux sonorités plus tropicales et plus sensuelles comme celles de la salsa, du reggaeton, ou de la bachata. À Medellin, les académies de K-pop accueillent des centaines d’élèves et organisent des festivals K-pop. La cuisine coréenne et la K-beauty attirent également de plus en plus d’adeptes.


Dans le quartier Simon Bolivar de Medellin, en Colombie , quatre jours par semaine, la musique coréenne résonne au pied d’un immeuble résidentiel. C’est celle de la K-Nation, une académie de danse dédiée aux chorégraphies des groupes de K-pop, la Korean pop (« pop coréenne », en français). L’explosion du groupe BTS au niveau mondial a permis de populariser ce genre musical originaire de Corée du Sud .


Estéban Gomez, alias Java, est le codirecteur de l’académie depuis deux ans et demi. Lui-même est un fan de la K-pop depuis 2010. « J’ai créé un club de fans dans la ville de Cucuta : K-pop Cucuta sur Facebook. On voulait se procurer les produits de K-pop. C’est pour ça que j’ai aussi fondé la boutique en ligne Java’Shoppu. Ça fait déjà treize ans et c’est la plus ancienne en fonctionnement dans le pays. En arrivant à Medellin, j’ai continué avec l’académie de danse. Avant, c'étaient les personnes qui souffraient de "bullying" (harcèlement) ou refoulées ou marginales qui s’intéressaient à la K-Pop. Mais maintenant, c’est une tendance, même les personnes populaires, qui s’en moquaient avant, s’y intéressent. »


La tendance K-pop


La salle de danse est recouverte de posters des groupes de K-pop. Près de la réception, un mur entier est dédié au merchandising K-pop et aux produits alimentaires coréens comme le ramyeon (une sorte de soupe aux nouilles instantanées et légumes séchés) et les biscuits Pepero en forme de bâtons recouverts de chocolat. L’académie compte plus de 250 inscrits. Les plus jeunes élèves ont huit ans.


« L’intérêt pour la K-pop diffère selon l’âge. Les plus jeunes, de 7 et 8 ans, trouvent avant tout que les chanteurs sont beaux. Ensuite, les fans s’intéressent au "produit visuel", c’est-à-dire aux chorégraphies et aux styles vestimentaires. Pour les personnes plus âgées, comme ma mère qui a la soixantaine, ce sont les K-drama [des séries coréennes, NDLR] qui font fureur. On y explore beaucoup la culture coréenne. »


« La K-pop est un genre musical qui permet de s’exprimer »


Kelly Calle a 24 ans. Cette Colombienne est passionnée par la danse. Elle pratiquait déjà la salsa, la bachata et le merengue avant de commencer les cours de K-pop. « J’ai d’abord découvert BTS. Puis, j’ai trouvé mes propres références : les NCT et Aespa et le chanteur Kim Min-gyu du groupe Seventeen. Je viens à K-Nation pour m’aérer l’esprit, me déstresser en dansant. La K-pop est un genre musical qui permet de s’exprimer et d’explorer d’autres sous-genres de danse. Ses chorégraphies mélangent plusieurs styles de danses urbaines. »


Cette styliste de mode s’est intéressée à la K-pop durant la pandémie, en 2021. Depuis deux ans, elle étudie la langue coréenne. Kelly voudrait étendre ses activités en Corée, car « la K-pop est liée à la mode. Leurs costumes sont spectaculaires. Cela a surpris ma famille. Ils n’imaginaient pas que les Coréens dansaient. Beaucoup de personnes jugent sans savoir. Avant, on n’en parlait pas, car on avait peur d’être jugés ou critiqués. »


La K-pop, une ouverture à la K-culture


Grâce aux groupes de K-pop, c’est l’ensemble de la culture coréenne qui fait son entrée en Colombie. Les restaurants se sont multipliés à Medellin et dans d’autres villes. Sangmin Lee a été l’un des premiers à ouvrir son établissement en 2017, « Oppa Asado Coreano », dans le quartier de Laureles. « Oppa » signifie frère aîné en coréen, une formule de respect que les jeunes femmes coréennes utilisent pour saluer un homme plus âgé.


Sangmin Lee raconte que l’idée est née après un voyage de deux ans et demi à travers soixante pays. Ce Sud-Coréen a vu sa clientèle augmenter après le succès de la K-pop et des séries comme Le Calamar. « Avant, les gens pensaient que j’étais Chinois. Un Asiatique était forcément un Chinois. Maintenant, c'est différent. Bien sûr qu’on connaît plus la culture japonaise, avec les sushis et les mangas. La cuisine coréenne est encore nouvelle. C’était mon pari : la faire découvrir aux Colombiens et aux Colombiennes. Aujourd’hui, tout le monde connaît par exemple le kimchi [un mets traditionnel coréen composé de piments et de légumes lacto-fermentés, NDLR] qui fait partie des dix meilleurs plats au monde, les soupes coréennes et les barbecues coréens. »


Outre la cuisine, les Colombiens s’intéressent aussi à la K-beauty, les cosmétiques coréens. Si la K-pop s’étend en Colombie, on est encore loin des concerts de masse que rassemblent le reggaeton ou la salsa. Mais, le 31 août 2024, à Bogota, le groupe NCT Dream est au programme, à l’Arena Movistar de la capitale, une salle qui peut accueillir jusqu’à 14 000 spectateurs. Le groupe coréen se produira aussi au Chili, au Mexique et au Brésil. Les sept chanteurs du groupe ont été inclus dans la liste des 25 jeunes les plus influents de l’année, selon le magazine Time, en 2018.



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